Qu’est ce que la Blockchain ?

Une vidéo très intéressante qui explique la Blockchain.

Comprendre la Blockchain et ce qu’elle apporte comme révolution dans le monde d’Internet mais aussi dans le monde réel.

Retranscription de la vidéo en texte :

Il y a quelques jours, j’étais à un dîner avec des amis et l’une des personnes autour de la table s’est mise à parler de Blockchain.

Alors j’étais curieuse, parce que ça fait maintenant plus d’un an que je travaille sur la Blockchain.

Et de ce dîner, j’ai retenu deux choses :

la première, c’est que tout le monde en avait déjà entendu parler et la deuxième, c’est que, globalement, personne n’y avait rien compris.

Alors c’est quoi, la Blockchain ?

On me pose cette question presque tous les jours maintenant, et la vérité est qu’il y a plein de définitions différentes.

Je vais vous en donner une, même si vous allez voir, la définition n’est pas ce qu’il y a de plus important.

La Blockchain, c’est une technologie de stockage et de transmission d’information sécurisée, transparente, fonctionnant sans organe central de contrôle.

Concrètement, à quoi est-ce que ça ressemble ?

Une Blockchain, c’est un registre qui contient des informations, des données, des transactions ; ces informations vont être regroupées en blocs — c’est pour ça qu’on dit
une chaine de blocs, en anglais, une Blockchain.

Ce registre a une particularité : il n’est pas stocké sur un serveur central mais il est détenu par plein d’ordinateurs en même temps.

Le registre va être stocké sur un grand nombre de serveurs, qu’on appelle les nœuds du réseau.

C’est très important parce que ça le rend plus difficile à attaquer.

Si l’un de ces serveurs s’arrête de fonctionner, tous les autres continuent à stocker le registre.

Mais surtout, la Blockchain fonctionne sans organe central de contrôle.

Qu’est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire qu’il n’existe pas une entité centralisée, une entreprise, une personne, qui a la main sur le registre.

C’est un algorithme qui va permettre à tous les utilisateurs de se mettre d’accord sur l’état du registre à un temps t.

Généralement, une fois que j’ai dit ça, les gens me regardent et me disent :

« Et alors, en quoi c’est une révolution ? »

C’est une révolution parce que la Blockchain permet de s’échanger de la valeur de pair à pair, sans intermédiaire.

Vous allez me dire : « Le pair à pair, ça existe déjà, avec Internet notamment. »

C’est vrai : avec Internet, je peux vous envoyer une information par e-mail, directement, de pair à pair.

Sauf que cette information, elle sera dupliquée.

Si je vous envoie une photo par exemple, en fait, je vous en envoie une copie.

Vous aurez accès à cette photo, mais moi aussi, j’y aurai toujours accès.

Ça ne pose aucun problème lorsqu’il s’agit d’une photo, d’une vidéo, d’information en général.

Mais ça pose une gros problème lorsqu’il s’agit de valeur.

Si je vous envoie 20 euros, c’est très important que moi, je n’y ai plus accès.

Donc tout le pair à pair qui a été rendu possible par Internet trouve ses limites lorsqu’il s’agit d’envoyer quelque chose qui a de la valeur, qu’il s’agisse d’argent, de points de fidélité, de votes, de billets de train, d’actions, etc.

Aujourd’hui, pour s’envoyer de la valeur, on a recours à de grands intermédiaires : des banques, des gouvernements, etc.

Sauf que ces intermédiaires, ils ne sont pas parfaits.

Dernier exemple en date : il y a quelques semaines, en novembre, le gouvernement indien a décidé du jour au lendemain que les billets de 500 et de 1 000 roupies n’avaient plus cours.

Donc du jour au lendemain, 80% de la monnaie en circulation ne vaut plus rien.

À travers cet exemple, on se rend compte que ces grands intermédiaires, en qui on place notre confiance, parfois peuvent prendre des décisions qui ne sont pas forcément dans notre intérêt.

La question qui se pose est : n’y aurait-il pas un moyen pour s’envoyer de la valeur sans ces intermédiaires ?

La création du Bitcoin ; première application de la Blockchain

C’est à cette question à laquelle a voulu répondre en 2008 une personne dont on ignore toujours l’identité et qu’on connaît sous le pseudonyme « Satoshi Nakamoto ».

2008, vous vous souvenez, c’est la crise économique, le système bancaire vacille, les gens n’ont plus confiance en leur banque…

Satoshi Nakamoto publie un livre blanc où il détaille le fonctionnement d’une monnaie numérique qui fonctionne sans banque.

Une monnaie numérique pair à pair.

Cette monnaie numérique, il l’appelle Bitcoin.

Bitcoin aujourd’hui, si on cumule la valeur de tous les jetons Bitcoin en circulation, ça vaut plus de 11 milliards de dollars.

Bitcoin a un cours, qui est établi par l’offre et la demande :

un Bitcoin vaut à peu près 700 euros (février 2017).

C’est une monnaie qui n’appartient à aucun pays, à aucun gouvernement, à aucune banque.

Elle appartient à tous ses utilisateurs.

Pour faire fonctionner cette monnaie numérique, Satoshi Nakamoto invente un protocole informatique qui va permettre à tous les utilisateurs de se mettre d’accord sur l’historique des transactions qui ont été faites en Bitcoin.

C’est ce protocole sous-jacent qu’on appelle la Blockchain.

Effectivement, cette invention est révolutionnaire pour plusieurs raisons.

Déjà parce qu’elle permet un rééquilibrage de l’accès aux ressources, elle permet à deux milliards d’adultes non bancarisés d’avoir accès à des services financiers et de s’échanger de la monnaie.

C’est d’ailleurs pour cette raison que 90% du volume de transactions faites en Bitcoin ont lieu dans les pays en voie de développement, parce qu’il y est très facile d’avoir un smartphone mais beaucoup plus difficile d’avoir un compte en banque.

Plus largement, la Blockchain bouleverse le transfert d’argent.

Supposons qu’on veuille tous ensemble faire un virement pour un ami qui est aux États-Unis et qui en a besoin demain matin.

On sait comment ça va se passer.

Déjà on est vendredi soir, donc l’agence sera fermée.

Ce sera un RIB américain, donc ça mettra plus longtemps.

Bref, c’est quasiment impossible avec une banque classique, ça mettra des jours, et il y aura des frais de transfert assez importants.

Avec la Blockchain, notamment avec Bitcoin et les autres crypto-monnaies, je peux envoyer de l’argent à l’international, en quelques minutes, et à presque zéro frais.

Mais la monnaie n’est qu’une application de la Blockchain.

C’est la première, historique, notamment avec Bitcoin mais ce n’est pas la seule.

Les nouvelles applications possibles

Si on arrive à créer la confiance entre des individus pour s’échanger de la monnaie, on arrive à créer la confiance également sur d’autres éléments.

Premier exemple : dans certains pays en voie de développement, il est parfois extrêmement difficile de prouver que vous êtes bien le propriétaire de votre terre ou de votre maison.

Soit parce qu’il n’existe aucun cadastre pour répertorier qui est propriétaire de quoi, soit parce qu’il existe un cadastre, mais aux mains de gouvernements instables qui peuvent le modifier à leur guise.

Imaginez que quelqu’un vienne chez vous et dise : « Cette maison est à moi. » et vous n’avez rien qui prouve le contraire.

Au Ghana, il existe une ONG, qui s’appelle Bitland, qui a créé un registre décentralisé fonctionnant sur Blockchain permettant de certifier l’existence de titres de propriété.

Comme ce registre est distribué, personne ne peut décider unilatéralement de le modifier.

Grâce à la Blockchain, on va permettre à des individus de prouver de manière plus efficace qu’ils sont bien les propriétaires de leurs terres.

Deuxième exemple : l’industrie de la musique.

Si vous êtes un artiste, vous créez une chanson, vous voulez la vendre sur une plateforme de téléchargement ou de streaming ; en général vous payez une commission assez élevée, entre 20 et 30%, et un abonnement annuel.

Mais surtout, votre rémunération intervient en bout de chaîne.

C’est-à-dire que la plateforme va d’abord percevoir l’ensemble des revenus avant d’en redistribuer une partie et vous serez le dernier à être payé.

Avec la Blockchain, on pourrait permettre aux artistes de gérer leurs droits en temps réel et d’être rémunérés automatiquement dès lors qu’une œuvre a été consommée, en gros dès qu’une chanson a été écoutée ou téléchargée.

Ça permettrait aux artistes de reprendre le contrôle sur leurs œuvres.

Il existe des applications dans presque tous les secteurs.

On pourrait créer des communautés locales d’échange d’électricité pair à pair.

C’est ce qui est en train d’être expérimenté, à [Lyon] Confluence.

On pourrait avec la Blockchain mieux protéger notre vie privée, en redonnant aux citoyens le contrôle sur leurs données personnelles.

Bref, toutes ces applications, qui paraissent très utopiques sont bel et bien en train d’être expérimentées.

Et elles laissent présager un nouveau monde où on pourrait s’auto-organiser grâce à la technologie en se passant des intermédiaires dans lesquels on n’aurait plus confiance.

Quelque part, ça a du sens, de préférer faire confiance à un algorithme plutôt qu’à un intermédiaire, parce qu’il est moins subjectif, parce qu’il appartient à la communauté qui le gère.

Mais une fois qu’on a dit ça, on se heurte quand même à pas mal de questions.

Une ère nouvelle

On parle de suppression des intermédiaires, mais aujourd’hui un algorithme ne peut pas tout gérer.

La Blockchain peut permettre de certifier l’existence de titres de propriété.

Certes, mais elle ne peut pas vérifier si votre titre de propriété est authentique, puisqu’elle ne peut pas lire le document.

Elle ne peut pas venir chez vous vérifier que vous êtes bien le propriétaire.

On peut déjà répondre à une question : non, la Blockchain à elle seule ne va pas remplacer complètement les notaires.

Et puis, la condition sine qua non pour qu’un service existe, c’est que quelqu’un, une communauté, une entreprise, crée ce service.

On parle d’un Uber sans Uber, grâce à la Blockchain.

Effectivement, on pourrait, grâce à la Blockchain, automatiser des transactions directes entre chauffeurs et passagers sans passer par le compte d’une entreprise centrale.

Mais à un moment donné, mon chauffeur, je ne le commande pas par télépathie, il faut bien qu’il y ait un service qui me permette d’y accéder.

Pareil, si je veux faire des transactions en Bitcoins, je ne passe pas par une banque, mais je passe par une plateforme de change qui me permet de manière très intuitive, très fluide, d’acheter des Bitcoins, de les échanger.

Donc, ce qu’on voit, c’est que tous les intermédiaires que l’on cherche à éliminer avec la Blockchain, on les recrée ailleurs.

C’est pour cette raison qu’aujourd’hui, de très nombreuses grandes entreprises s’intéressent beaucoup à la Blockchain.

Parce qu’elles y voient à la fois une menace et une opportunité.

Si la Blockchain permet de faciliter les relations entre individus, elle permet aussi de faciliter les relations entre entreprises.

Par exemple, sur une chaîne logistique complexe, où il y aurait de multiples partenaires, ou pour optimiser des relations contractuelles.

Donc les entreprises vont chercher à s’approprier cette technologie.

Elles vont créer des prototypes, construire des consortiums, parfois même construire leur propre Blockchain.

Et ce qu’on voit, c’est que bien souvent, leur démarche s’inscrit dans une logique incrémentale, c’est-à-dire qu’on ne disrupte pas tout d’un coup, on évolue pas à pas, on transforme lentement, on s’approprie la technologie.

C’est là tout le paradoxe.

La Blockchain n’est pas une technologie qu’on ajoute au système existant, c’est un nouveau modèle à part entière, fondé sur le concept de transparence, de décentralisation, de confiance.

Il ne faut pas croire que la Blockchain sera la solution à tous les problèmes.

On me demande souvent en quoi la Blockchain peut être utile à tel secteur ou à tel métier.

La Blockchain n’a pas été créée pour être utile à une catégorie de secteurs ou une catégorie de métiers.

Elle peut l’être, à condition de modifier radicalement le business model.

Prenons une comparaison.

Début des années 1990-2000, quand Internet s’est développé, toutes les industries se sont demandées comment elles allaient utiliser cette nouvelle technologie.

À l’époque, l’industrie musicale s’est dit :

« Créons des DRM (Digital Rights Management) pour empêcher tout le monde de partager les chansons. »

Elle aurait très bien pu créer des services innovants comme Deezer, comme Spotify.

Évidemment a posteriori, c’est un peu facile de dire ce qu’il aurait fallu faire.

Ce qu’on voit à travers cet exemple, c’est que trop souvent, on cherche à utiliser la technologie pour protéger les acquis plutôt que pour les remettre en cause, et tout transformer en profondeur.

La Blockchain une opportunité pour tous

À l’instar d’Internet dans les années 2000, la Blockchain a le potentiel de transformer radicalement nos organisations et notre société.

Et donc la question qu’on doit se poser maintenant, c’est : « Qu’est-ce qu’on veut en faire ?

Comment est-ce qu’on veut transformer notre société ? »

La Blockchain sera très probablement l’infrastructure des échanges de demain.

Il est donc temps que chacun d’entre nous prenne part à sa construction, pendant notre temps libre, notre travail, ou même pendant un simple dîner.

Merci.

 

A propos Oyonyx

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